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«Vivre ensemble: Possible ensemble», 2 décembre 2019

Le président M. KABECHE a souhaité la bienvenue aux participants et a présenté l’atelier en rappelant le thème, les objectifs et les étapes du projet. Toutes les associations suivantes ont participé à l’atelier et se sont brièvement présentées.

Elodie SOJIC, chargée de la Mission Ville Hospitalière de Strasbourg a présenté son travail en matière d’accueil des réfugiés dans la dignité par la ville. Elle a également partagé son point de vue sur la promotion interculturelle par la ville. La Mission ville hospitalière de Strasbourg a été créée il y a deux ans pour améliorer les conditions des personnes migrant vers la ville: demandeurs d’asile, réfugiés bénéficiant du statut mais aussi ceux dont la demande a été rejetée ainsi que d’autres migrants. Elle est partie du fait que la ville est confrontée à des problèmes auxquels les associations ne peuvent pas faire face seules, alors que l’État ne peut pas immédiatement apporter beaucoup d’aide. Elle devait s’impliquer activement dans des affaires où elle n’avait aucune expérience préalable, et encore moins aucun pouvoir en dehors de son circonscription. La question était: comment la ville pouvait-elle être complémentaire de l’État tout en répondant aux besoins immédiats de la ville? À la suite de ces réflexions, alors que le nombre de réfugiés entrants augmentait (de 2000 en 2014 à 4000 en 2018 dans le Bas-Rhin), un Manifeste pour un accueil digne des migrants vulnérables a été élaboré, publié et signé par 37 associations. D’autres villes aux côtés de Strasbourg ont adopté une approche similaire. Ensemble, ils ont formé une association de villes pour s’entraider en partageant les pratiques et en engageant un dialogue avec l’État pour améliorer l’existant, notamment en laissant la place aux communes et à la société civile confrontées directement aux problèmes et prenant la responsabilité des questions dans leurs circonscriptions. 

Marie-Agnès PIERROT, Correspondante Relations Internationales Direction régionale et départementale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale était notre deuxième conférencière invitée. Elle travaille pour la promotion des relations interculturelles. Elle a ouvert son discours en soulignant qu’elle est la seule employée de cette mission pour toute la région du Grand Est, ce qui est tout un défi. Son travail consiste à créer les conditions donnant les moyens à la Région dans le domaine de l’interculturalité. Il traduit une volonté européenne d’ouverture interculturelle. Elle a d’abord défini la «société interculturelle comme une société où la population est composée de diverses cultures montrant un respect mutuel les uns envers les autres et une volonté de vivre ensemble avec leurs différences». Elle admet que la manière d’y arriver est la partie la plus difficile. Elle nous a ensuite rappelé la politique d’assimilation en France par rapport à celle du multiculturalisme comme en Grande-Bretagne par exemple. «Ce sont des conceptions philosophiques et politiques complexes. Malgré son refus du modèle multiculturaliste, la France a adopté des pratiques de discrimination positive mettant en œuvre des politiques et des quotas spécifiques en faveur des personnes défavorisées, ce qui se voit dans les modèles multiculturels. C’est le cas des politiques urbaines des quartiers prioritaires, ainsi que des politiques de Handicap et d’Égalité des genres sur le lieu de travail. En même temps que la discrimination positive vise à corriger les inégalités, elle en introduit une autre. L’absence d’actions de sensibilisation sur ces questions fait que la même population souffre d’une mauvaise publicité et est méprisée par le reste de la population. Des avantages sont gagnés, mais la stigmatisation est en quelque sorte renforcée et continue d’être nuisible. »

Au cours de l’après-midi, nous avons simulé un conseil municipal inspiré par l’activité «Une mosquée à Sleepyville». L’objectif de cette activité est de réfléchir et de voter sur la construction d’une mosquée dans une ville où les habitants pour et contre se rencontrent pour un débat. Parmi les rôles à jouer figurent ceux des partis traditionalistes, populistes et de la diversité ainsi que des associations préservant les traditions de la ville d’une part et une association religieuse musulmane d’autre part. Le maire a présidé la réunion et, avec ses adjoints, a veillé à ce que les discussions soient encadrées et à ce que chacun des groupes participants soit interrogé sur d’éventuels compromis. Au terme de cette simulation, les résultats du vote ont été favorables à la construction de la mosquée grâce à des compromis. Les participants à l’activité l’ont appréciée car elle leur a permis d’envisager une perspective différente de la leur en tant qu’individus. Certains ont dû jouer un rôle complètement opposé à leurs opinions et même à leurs croyances. Le groupe a eu l’opportunité de travailler sur une question discutée dans un pays imaginaire, qui aurait très bien pu être une métaphore de Strasbourg ou de toute autre ville. Non seulement ils devaient discuter mais aussi voter, ce qui est une pratique démocratique. Les débats ainsi que la présidence et la conduite du travail de la maire et de ses adjoints conduisent à des compromis, aboutissant à un résultat positif: la construction d’un nouveau lieu de culte pour une communauté privée jusqu’à présent par rapport aux autres communautés présentes également. Grâce à un débat et un dialogue dans un cadre démocratique et avec des acteurs médiateurs, l’injustice et l’inégalité ainsi que les obstacles à la liberté de culte et de croyance ont été abolis avec succès.

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